Le Docteur Alexandre Augier a intégré l’IMPF depuis près de 15 ans et articule sa vie professionnelle entre la médecine et la musique électronique alternative. S’il est un radiologue expérimenté qui accompagne nos patients dans de nombreux examens, il est aussi un musicien, compositeur et concepteur de performances audiovisuelles.
Découvrez son parcours unique associant technique médicale et artistique !
Radiologie et musique : pourquoi avez-vous choisi une carrière qui concilie ces deux milieux très différents ?
Dès mon plus jeune âge, j’étais passionné par la musique, la pratique du piano et de la batterie et la composition. J’ai toujours aimé créer des projets musicaux et j’étais convaincu que la musique serait plus qu’un passe-temps pour moi, mais se lancer dans une carrière musicale était très complexe, n’étant pas issu de ce milieu et ne disposant pas de cursus adéquats dans ma ville natale.
Dans le cadre de la poursuite de mes études, je me suis rapidement intéressé à la médecine, qui présentait des débouchés concrets dans lesquels j’ai pu me projeter. Si au cours de mes premières années je n’étais pas décidé sur le choix de ma spécialité, ce sont finalement mes camarades de promotion qui m’ont aidé à trancher. Ils étaient nombreux à avoir choisi la radiologie et m’ont recommandé de faire un stage dans ce domaine.
« J’ai tout de suite aimé la radiologie de par la variété d’exercices qu’elle permet. Les domaines médicaux abordés sont nombreux. […] De plus, un radiologue peut exercer dans des contextes très divers. »
J’ai tout de suite aimé la radiologie de par la variété d’exercices qu’elle permet. Les domaines médicaux abordés sont nombreux, de l’ostéoarticulaire à la neurologie. L’aspect très technique de la radiologie m’intéresse tout particulièrement, et c’est une dimension que j’aime également explorer dans mes projets de musique électronique.
De plus, un radiologue peut exercer dans des contextes très divers, ce qui n’est pas le cas de toutes les spécialités médicales. La radiologie offre la possibilité de travailler dans le milieu hospitalier et privé, seul ou dans un groupe, à temps plein ou partiel… Cette flexibilité a définitivement arrêté mon choix : j’y ai vu la possibilité de maitriser mon emploi du temps pour développer mes projets musicaux en parallèle.
« J’ai commencé ma carrière professionnelle en tant que radiologue, avec la volonté d’y intégrer une dimension musicale dès que possible. »
Ainsi, j’ai commencé ma carrière professionnelle en tant que radiologue, avec la volonté d’y intégrer une dimension musicale dès que possible.
Quand avez-vous rejoint IMDEV, et qu’est-ce que cela a changé dans votre activité ?
C’est lorsque j’ai rejoint IMDEV en intégrant l’IMPF que j’ai lancé ma carrière d’artiste.
À la fin de mes études, j’ai intégré l’Hôpital Avicenne en Seine-Saint-Denis, où j’ai été responsable de l’activité ostéoarticulaire et neurologique pendant 7 ans. J’y ai également rencontré le Docteur One Aly Tayebjee, radiologue du réseau IMDEV, qui a été mon premier lien avec le Groupe. C’est ainsi qu’en 2012, j’ai pu commencer à effectuer des remplacements au sein de l’Hôpital privé de la Seine-Saint-Denis, structure partenaire de l’IMPF.
La flexibilité offerte par les remplacements m’a décidé à franchir un cap ; j’ai pris une année de disponibilité durant laquelle j’ai suivi un Master 2 en réalisation informatique musicale. J’étudiais du lundi au jeudi à Saint-Étienne et j’intervenais les vendredis pour des examens de scanner à l’Hôpital Privé de la Seine-Saint-Denis en tant que radiologue de l’IMPF.
Cette configuration m’a permis d’intégrer la musique dans mon quotidien, et me convient toujours aujourd’hui. J’ai continué de travailler au sein d’IMDEV à un rythme de deux jours par semaine, consacrant le reste de mon emploi du temps à mon activité artistique.

Pourquoi avoir choisi la musique électronique ?
Avant d’intégrer mon Master 2, je jouais dans un groupe de rock et je ne connaissais rien de la musique électronique, que j’ai découverte très tardivement. Mais cette dernière présente un avantage unique : contrairement à la musique « conventionnelle », on peut tout produire seul depuis chez soi, et écouter le résultat directement. Lorsque l’on débute, tout est à portée avec un logiciel, et les possibilités de compositions sont infinies. Cette indépendance et cet espace créatif illimité m’ont immédiatement plus.
« Tout est à portée avec un logiciel, et les possibilités de compositions sont infinies. Cette indépendance et cet espace créatif illimité m’ont immédiatement plus. »
Comme je l’évoquais pour la radiologie, il y a un aspect très technique en musique électronique qui me plais beaucoup. On ne compose pas de manière classique, il faut comprendre les fréquences et les caractéristiques physiques du son pour progresser. Pour créer un morceau, on programme des sons et des séquences, l’ordinateur devient une sorte d’instrument qui produit des sons de synthèse selon les données que l’on a rentrées. Ce n’est que dans un second temps que j’ai acheté mon premier synthétiseur, j’ai d’abord créé tous mes morceaux uniquement avec mon ordinateur.
Comment vous est venue l’idée d’intégrer une dimension visuelle à vos performances ?
Le logiciel que j’utilisais à mes débuts permettait de concevoir des créations visuelles reliées aux sons enregistrés. Si pour nous le son et la lumière sont deux éléments distincts, un ordinateur peut les lire et les associer lorsqu’ils sont programmés dans le même langage numérique. Ainsi, avec mon logiciel, je pouvais concevoir simultanément des sons et des visuels synchronisés sur un même rythme. Je me suis intéressé à cette option que j’ai rapidement intégrée dans mon processus artistique, me permettant d’ajouter une nouvelle dimension à mes œuvres qui sont devenues des performances audiovisuelles.
On peut connecter une grande variété d’éléments sur un projet de musique électronique en suivant cette logique, tels que des lumières ou des robots animés en rythme. Les possibilités sont infinies !
Comment avez-vous lancé votre carrière d’artiste musical ?
Le stage réalisé dans le cadre de mon Master 2 a été un premier pas dans cet univers qui m’était inconnu. J’ai eu la chance de rejoindre l’IRCAM, Institut de recherche et coordination acoustique/musique, pendant 2 mois. C’est une structure qui regroupe à la fois des compositeurs et des chercheurs, qui étudient le son. J’ai pu y faire des rencontres et découvrir la musique sous une nouvelle approche.
À la suite de mon Master, j’ai créé mon premier projet : OQPO. J’ai tout simplement démarché divers organismes susceptibles d’être intéressés, et j’ai obtenu une réponse positive du Festival Scopitone, qui est une référence de la scène électronique. Le programmateur a tout de suite adhéré à mes projets, qu’il a décidé de soutenir par la suite. C’est un petit monde dans lequel il avait beaucoup de contacts, auxquels il m’a présenté. J’ai ainsi pu me produire dans divers festivals en France et à l’étranger, et consolider ma présence dans ce milieu.

Jusqu’à récemment, j’ai effectué la majeure partie de ma carrière sur la scène numérique. C’est une niche qui n’est pas strictement musicale, qui touche à tous les arts numérisés. Elle s’exprime principalement dans le cadre de festivals, où plusieurs artistes réalisent des prestations variées. C’est un milieu très différent de celui de l’industrie musicale, car on ne cherche pas à être économiquement rentable et l’on se concentre véritablement sur la dimension artistique de nos projets.
Sur quels projets travaillez-vous en ce moment ?
Dernièrement, j’ai réduit mes performances sur scène car j’ai voulu travailler sur la création d’un disque. Le format spectacle me plaît toujours, mais c’est une œuvre temporaire, ce qui est parfois frustrant. Un album est une réalisation fixe et durable, et c’est un format que je voulais tester.
C’est un exercice très différent, car il relève du milieu de l’industrie musicale, qui est ultra-concurrentiel. Il faut apprendre de nouveaux codes, chercher à vendre son projet et à se mettre en avant, ce que j’ai tenu à faire tout en conservant une vision artistique exigeante.

Après 2 ans de travail, j’ai sorti mon premier album pensé comme tel, The Lyrical Age. Malgré la complexité de l’exercice, cela m’a permis de réaliser mes musiques différemment, en les pensant dans un espace dramaturgique autonome, fixé, venant en complément de mon travail dans le spectacle vivant. À travers ce disque, j’ai voulu proposer 10 morceaux plus accessibles au grand public, tout en restant très exigeant sur la composition.
J’ai tout produit moi-même, hormis le mixage, en créant tous mes sons sans logiciel IA et sans assistant. Ce qui importe à mes yeux n’est pas uniquement le produit fini, mais tout le processus artistique pour y parvenir.
« Ce qui importe à mes yeux n’est pas uniquement le produit fini, mais tout le processus artistique pour y parvenir. »
Je travaille actuellement sur un second disque, dont le concept sera totalement différent. Je compte peu à peu reprendre mes performances sur scène, et j’ai déjà d’autres idées de projets à mettre en œuvre.

En savoir plus ?
Pour explorer l’intégralité de l’univers artistique du Docteur Augier, rendez-vous directement sur son site internet. Découvrez son dernier projet, l’album the Lyrical Age, disponible en double disque vinyle, en magasin ou sur toutes les plateformes de streaming !
– Interview du Docteur Alexandre Augier, radiologue de l’IMPF.
Ne manquez pas l’interview de la Docteure Elisabeth Meyblum, réalisée pour lancer le mois d’Octobre Rose 2025.
